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A trois semaines des finales des World Cyber Games France Jonathan Dumont de la société organisatrice Games-Fed a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions.
Il y a des rendez-vous immuables et immanquables chaque année dans le sport électronique. Les finales françaises des World Cyber Games organisés depuis deux ans par Games-Fed sont l’un d’entre eux. En 2005 elles s’étaient tenues au salon le Monde du Jeu dans l’espace jeu vidéo dont Games-Fed avait la charge. Mais à l’occasion de leur troisième édition aux commandes des WCG France Games-Fed a décidé d’organiser son propre Festival du Jeu Vidéo, plus précisément au Hall d’Exposition Marcel Dutriche à Montreuil les 7 et 8 octobre prochain.

Cette manifestation a l’ambition de devenir un grand rendez-vous vidéo ludique de l’hexagone. A trois semaines de l’ouverture le salon compte plus de 25 exposants qui présenteront leurs derniers hits ou futures sorties. On retrouvera entre autre l’extension de F.E.A.R Extraction Point, Warhammer : Mark of Chaos, Warhammer Online ou encore les premières images de Trackmania United (Cf : liste complète). Des animations sont également prévus dont bien évidemment les finales françaises des World Cyber Games. Les qualifications pour ces finales sont sur le point de s’achever sur les six disciplines de cette année : Counter-Strike 1.6, Warcraft 3, Warhammer 40K Dawn of War, Dead or Alive 4, FIFA 06 et Project Gotham Racing 3. Elles se seront jouées essentiellement en salle de jeu en réseau et sur Internet. Les quelques 200 participants sont quant à eux attendus le samedi 7 octobre à 9h pour les tirages au sort de la phase finale. Ils pourront bénéficier pour s’affronter de PC Dell de 3 Ghz, 1 Go de Ram, carte graphique 7900 GS 256 mo et écran plat 19 pouces de 8 ms.
Pour en apprendre plus Jonathan Dumont, de la société organisatrice Games-Fed, a pris le temps de répondre à nos questions malgré la charge de travail à trois semaines son Festival du Jeu Vidéo.
Esportsfrance : L’an passé vous étiez en charge de la partie jeu vidéo du salon « Le monde du Jeu » dans laquelle était aussi installée la finale française pour les WCG 2005. Cette année vous organisez directement votre salon « le Festival du Jeu Vidéo ». Quel a été votre bilan de votre participation au Monde du Jeu en 2005 ?
Jonathan : Le bilan a été globalement très positif. La synergie entre les deux événements nous a permis d’attirer un public très nombreux et relativement large. Notre logique était la même a Disney l’an passé : faire profiter au sport électronique d’une exposition auprès d’un public qui ne se serait pas déplacé pour la seule compétition. Objectif atteint.
Mais nous avons logiquement dû supporter les contraintes liées à la coexistence de deux événements de natures différentes, chacun accompagné de ses exigences. Aux contraintes du Monde du Jeu se sont ajoutées celles, très lourdes, du parc des expositions de la Porte de Versailles. Un espace qui n’est pas naturellement destiné à accueillir une infrastructure événementielle importante. L’édition 2005 a été le fruit d’un compromis et nous sommes heureux du résultat. Heureux mais pas totalement satisfaits. La partie qui a eu le plus à souffrir de ces aménagements est indéniablement la partie publique des WCG. Les joueurs venus assister aux matchs ont pu être déçus de l’infrastructure proposée. Ce sont ces raisons qui nous a pousser à proposer un événement indépendant, exclusivement dédié au jeu vidéo, et dans lequel nous maîtriserions davantage les contraintes.
Lors de la Coupe du Monde des Jeux Vidéo 2006 l’une des salles de Paris-Bercy a accueilli un mini-salon avec les stands de ses partenaires. L’an passé vous en aviez fait autant en collaboration avec le Monde du Jeu et vous le faîtes cette fois seul. De même de plus en plus de LAN Party tente d’accueillir des stands. L’intérêt d’organiser un salon en même temps que les tournois est-il une nouvelle direction vers laquelle s’engouffrent les organisateurs ? Quels sont les intérêts pour vous de le faire et pourquoi ne pas renouveler l’expérience avec le Monde du Jeu ?
Depuis 6 ans que nous organisons des événements, que ce soit une LAN ou une compétition telle que les WCG, nous avons toujours pris soin d’ouvrir l’événement à un large public. Nous sommes probablement les premiers à lui avoir donné une telle importance. Certains se rappellent peut-être de la CPL France organisé au Palais des Festival de Cannes en 2003… Le village qui entoure les WCG est à notre sens une passerelle entre la compétition et le grand public. Mais ce n’est pas une condition indispensable pour réussir un événement. L’ESWC concentre davantage ses ressources dans le spectacle qui entoure la compétition. Disons simplement l’historique de notre équipe nous porte à développer particulièrement cet aspect. Nous nous efforçons de ne pas le faire au détriment du confort des joueurs et de leur public.
Un salon de jeu vidéo engendre des contraintes presque aussi lourdes que celles qui entourent les WCG. Là encore, la coexistence avec le Monde du Jeu rendait son épanouissement difficile.
En organisant son propre salon, est-ce que ce n'est pas un moyen d'améliorer le confort des compétiteurs, puisque contrôlant intégralement leur environnement ? Au contraire, est-ce que ce n'est pas une prise de risque que Games Fed prend ?
Comme j’ai essayé de l’expliquer, cette autonomie doit nous permettre de mieux maîtriser les problématiques de la compétition, notamment d’améliorer sensiblement l’accueil des spectateurs des WCG. Mais cela ne résout pas tous les problèmes. Nous pensons que les joueurs seront très agréablement surpris par cette édition 2006, néanmoins il sera toujours temps le 8 octobre au soir de tirer des enseignements pour améliorer encore le spectacle proposé.
Bien sûr, l’indépendance représente pour nous un risque important mais nous nous y sommes préparés.
Hormis la finale française des World Cyber Games 2006 à quelles autres animations peut-on s’attendre lors du Festival du Jeu Vidéo ?
Il serait très long de vous détailler l’intégralité du contenu et des animations proposées. Le plus simple est de se rende directement sur le site du Festival du Jeu Vidéo www.fjv.fr pour se rendre compte. Vous comprendrez alors pourquoi nous avons baptisé l’événement ainsi.
Est-il possible de connaître le budget approximatif d’un événement comme les World Cyber Games France ?
Il semble que deux écoles se distinguent dans le monde cruel de la compétition de jeu vidéo : celle de la surenchère et du bluff et celle de la discrétion. N’ayant pas les moyens d’appartenir à la première, je choisirais de rester silencieux sur un budget qui serait de toute façon impossible à estimer réellement tant il repose sur des apports de natures différentes (cash, échange, prêt de matériel, etc.). Sachez simplement que tout cela coûte beaucoup trop cher… ;)
Vous organisez les qualifications françaises pour les World Cyber Games depuis trois ans maintenant pour ICM (la société en charge des WCG). Comment jugez-vous l’évolution de cette institution avec notamment la création de rendez-vous tout au long de l’année comme les Samsung Euro et Asian ChampionShip ?
La multiplication des événements de grande envergure est un facteur positif puisque il donne à l’Esport une visibilité soutenue et moins saisonnière que par le passé. L’Esport a besoin de grandes opportunités de rassemblement et de médiatisation. Ce sont d’abord les événements qui structurent la communauté, assure la pérennité des équipes et l’intérêt des sponsors. Les WCG sont indéniablement la ou l’une des principales sources de stabilité dans un secteur qui en a grand besoin. Cela ne va pas sans une certaine rigidité qui a pu parfois susciter des protestations, y compris les nôtres. En tant qu’organisateur, je peux témoigner qu’en 3 ans ICM m’a donné le sentiment d’être de plus en plus à l’écoute de la base, c'est-à-dire des joueurs et des organisateurs nationaux qui les représentent. Le retour à CS 1.6 en est une illustration.
Depuis leurs débuts les World Cyber Games jouent beaucoup sur la carte des Jeux Olympiques en s’en inspirant, dans son fonctionnement, ses symboles, ses cérémonies, ses villes hôtes etc. Pensez-vous qu’un jour un rapprochement plus conséquent entre les Jeux Olympiques et ICM se réalisera t-il ?
Faire croire aux joueurs qu’il faut espérer à court terme un rapprochement entre le jeu vidéo et les institutions olympiques traditionnelles relève de la pure démagogie. L’Esport mérite d’être reconnu en tant que tel : comme une véritable discipline, qui requiert talent et entraînement, et qui à haut niveau peut constituer un magnifique spectacle. Mais il y a des caractères inhérents au jeu vidéo qui en feront pendant longtemps encore une discipline à part. D’abord, à la différence des sports traditionnels, le jeu vidéo est soumis à un progrès technologique effréné. Le jeu vidéo vieillit et il vieillit vite! Starcraft est un jeu sublime mais rares sont les jeunes joueurs qui accepteraient aujourd’hui de s’investir dans un jeu en 2D. Les nouveaux joueurs, indispensables pour alimenter la scène Esport, finissent par se désintéresser des jeux dépassés techniquement. La conséquence c’est une compétition évoluant au gré des jeux en vogue, Quake et Starcraft hier, CS et Warcraft aujourd’hui, BF et Supreme Commander demain, qui sait ? Le grand public n’a pas le temps de se familiariser avec des règles difficiles à appréhender qu’il lui faut déjà apprendre celles d’un nouveau jeu.
Ensuite le jeu vidéo n’appartient pas totalement aux joueurs. Pour aller taper la balle dans un parc, vous n’avez besoin de l’autorisation de personne. Le football appartient à tout le monde. Le jeu vidéo, lui, est une œuvre ! Il est la propriété de ses auteurs, parfois d’un éditeur. Il faut payer pour jouer. Il serait hypocrite de nier que les éditeurs représentent déjà aujourd’hui un poids déterminant dans le choix des compétitions officielles des grands événements. Et si c’est pour le bonheur des joueurs et de leur public pourquoi pas !
Mais ne prenons pas les joueurs pour des idiots. J’ai trouvé l’intervention de JP Huchon lors de l’ESWC 2005 proprement grotesque et d’autant plus choquante que ceux qui tiennent de tels propos ne peuvent pas ignorer les arguments que je viens d’évoquer.
ICM et d’autres organisateurs s’inspirent du modèle sportif pour bâtir leur compétition et cela me semble être une excellente source d’inspiration. C’est la meilleure façon d’accélérer la reconnaissance du sport électronique et de lui offrir les événements qu’il mérite. Mais je pense que l’Esport et LE sport vivront des destins parallèles et séparés pendant longtemps encore.
Dernière petite question, en 2005 vous aviez organisé les qualifications françaises pour l’ACON 5. Cette dernière organisation a disparu et laissé place au tournoi KODE 5. Ils organisent actuellement des qualifications dans une quinzaine de pays avec notamment certains des organisateurs qui s’étaient occupés de celles de feu l’ACON 5. Est-ce que le staff de KODE 5 vous a contacté pour organiser les qualifications françaises ?
Nous avons été sollicités en effet mais nous manquons encore d’éléments pour nous prononcer sur ce nouveau venu dans le monde de la compétition.
16/11
La vidéo du Festival du Jeu Vidéo (18)
16/05
Résultats et vidéo du challenge TDU (1)
21/09
WCGFrance: Interview avec Jonathan Dumont (16)
24/08
Les joueurs du FEAR AllStars se précisent (13)
27/06
WCG.France : Qualifications onlines (14)
15/06
Les qualifications pour les WCG.fr (24)
03/05
Les WCG France 2006 se précisent (17)